Hiérophanie

La hiérophanie est un terme utilisé par Mircea Eliade pour désigner le sacré ou plutôt les éléments qui constituent l’espace sacré. Cette notion est intéressante dans la mesure où elle comporte une large part d’immanence tout en caractérisant l’objet lui-même. Il fallait trouver un mot qui puisse s’appliquer à tous les objets qui n’en sont plus véritablement lorsque la vertu du sacré engendre son effet. La hiérophanie est la manifestation du sacré. Elle peut, d’une certaine manière, être générée par n’importe quels objets ou phénomènes qui se présentent alors comme absolus. La hiérophanie est une révélation qui porte en elle la seule vérité. C’est par le truchement des hiérophanies que celui qui vit dans la perception
de l’espace sacré s’oriente et dans laquelle son monde trouve sa fondation ontologique. Elles sont des points fixes dans le temps et dans l’espace autour duquel le monde est fondé. L’espace sacré ne connaît point la relativité de l’espace profane, bien que, dans l’expérience concrète, l’espace profane maintienne des lieux sacrés qui sont issus de l’expérience vécue. Lorsque ce genre de phénomène advient chez le profane, ce qui est loin d’être rare, l’auteur parle d’un comportement « cryptoreligieux ». Une sorte de survivance plus ou moins forte du sacré qui ne pourra jamais totalement disparaître. La hiérophanie s’accompagne souvent de la théophanie reliée, celle-là, davantage à un lieu qu’à un objet. La théophanie permet la communication avec les dieux, l’en-haut, ce qui transcende le monde profane . C’est en fixant un signe, en prenant pour révélation un événement, que se manifestent la hiérophanie et la théophanie. L’espace sacré, tel qu’il est vécu, est un espace objectif, réel, indubitable et non subjectif pour celui qui le vit.

(c) Paule Mackrous

Publié par Paule Mackrous

Après un parcours universitaire en histoire de l’art (BAC, Maitrise) et en sémiologie (Phd), j’ai fait un petit virage en horticulture (DEP, ASP) et en foresterie urbaine (arboricultrice certifiée ISA et études de deuxième cycle en agroforesterie), un domaine dans lequel j’œuvre avec beaucoup d’enthousiasme aujourd’hui! Je poursuis mon travail d’historienne de l’art et de sémioticienne par l’écriture et la recherche, surtout durant la saison hivernale, lorsque la lumière s’amenuise, que le sol gèle et que les plantes dorment. Sur mon blogue, je publie des textes de réflexion sur l’art, la nature et la foresterie selon les lectures du moment, les lieux visités, les œuvres rencontrées.

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