Virtuel vs Réel

La nouvelle forme du virtuel, qu’apporte le World Wide Web, change non seulement une conception plus ancienne du virtuel, mais alimente, du même coup, notre rapport à la présence. Loin de moi l’idée de rendre compte de l’ensemble des ancrages philosophiques du terme « virtuel ». Deux acceptions sont plus courantes. La première, plus ancienne, de la question du virtuel comme puissance en devenir. La deuxième intègre plus concrètement le développement des nouvelles technologies. Dans le premier cas, le virtuel est le passage de l’essence vers le réel. Il représente le potentiel habitant la graine de l’arbre. Les éventualités de ce qu’elle est en mesure de devenir devancent donc la réalisation de l’arbre. La présence lui est alors antinomique. Dans la deuxième acception, qui apparaît avec l’avènement du Web, le virtuel est construit à partir du réel et on parle donc de virtualisation du réel . Il y a donc d’abord l’actuel et ensuite vient le virtuel. La présence y est virtualisée.

Denis Berthier conçoit le virtuel comme pleinement actuel en lui-même, « […]est virtuel ce qui, sans être réel, est opératoirement équivalent au réel » (Berthier, p74). À son avis, le virtuel n’est ni un potentiel, ni une virtualisation de l’actuel dans la mesure où il agit réellement. Le virtuel y est alors compris comme une « force de présence ». Quand j’ouvre la fenêtre du navigateur, je sais que j’entre dans le web. On ne se questionne donc pas ici entre ce qui est réel et ce qui est virtuel. Ce sont plutôt les frontières entre la fiction ou le cannular et la réalité qui s’opacifient dans l’univers numérique.

(c) Paule Mackrous

Berthier, Denis, Méditations sur le réel et le virtuel, Paris, Harmattan, 2004.

Publié par Paule Mackrous

Après un parcours universitaire en histoire de l’art (BAC, Maitrise) et en sémiologie (Phd), j’ai fait un petit virage en horticulture (DEP, ASP) et en foresterie urbaine (arboricultrice certifiée ISA et études de deuxième cycle en agroforesterie), un domaine dans lequel j’œuvre avec beaucoup d’enthousiasme aujourd’hui! Je poursuis mon travail d’historienne de l’art et de sémioticienne par l’écriture et la recherche, surtout durant la saison hivernale, lorsque la lumière s’amenuise, que le sol gèle et que les plantes dorment. Sur mon blogue, je publie des textes de réflexion sur l’art, la nature et la foresterie selon les lectures du moment, les lieux visités, les œuvres rencontrées.

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