À LIRE…THEY ARE VIRTUALLY FAMOUS

Il s’agit d’un article sur l’oeuvre Babelwarms des artistes Adam Nash (mon préféré), Christopher Dodds et Justin Clemens. L’article est intéressant, il démontre bien les enjeux de l’oeuvre : « Their real-time 3D work Babelswarm combines swarm theory – the outcomes of collective behaviour – and the story of humanity’s effort to build a tower to the heavens, only to have it destroyed as punishment for such arrogance, along with man’s unified language. »

Ce qui m’intéresse est le fait que l’auteur souligne (brièvement) comment la célébrité des artistes du monde virtuel Second Life se déploie dans notre « meat space ». Ici, le terme ambivalent de « virtually » employé dans le titre, vous l’aurez deviné, est à prendre dans les deux sens, c’est-à-dire, dans sa relation au fait que les artistes soient fameux dans un monde synthétique issu d’une aire numérique, mais aussi au fait qu’ils soient réellement fameux. Les deux « aspects » sont ainsi une seule et même chose et c’est ce qui fait la particularité du monde virtuel. Il est toujours un « territoire mixte » (terme que j’emprunte à Bertrand Gervais dans son article sur l’effet de présence), puisqu’il prend part de l’espace physique (par l’écran de l’ordinateur) et que l’on y prend part avec nos avatars et les interfaces physiques. On remarque ainsi rapidement que les interventions artistiques des avatars de Second Life finissent souvent par s’inscrire dans des festivals artistiques ou des galeries, souvent sous forme de performances (Second Front, Eva et Franco Mattes…etc.). Ainsi, « All the world’s a stage for avatars ». Non seulement certains artistes se font d’abord connaître par leur avatar pour ensuite se faire connaître eux-mêmes, mais d’autres, notamment Suzanne Vega, ont fait l’inverse en réinvestissant une performance ou une oeuvre dans Second Life. SL représente souvent un tremplin pour des artistes, tant les nouveaux que les plus assis qui retrouvent un peu plus de célébrité en conjuguant les univers. L’effet de présence du monde virtuel Second Life réside, à mon avis, dans cette idée de « territoire mixte », cette interconnexion inévitable entre le monde d’images et tout ce qui déborde les bordures de l’écran. L’avatar et l’artiste se comprennent ainsi dans une relation de graduation d’existence, plutôt que dans un dédoublement. C’est justement là que réside l’effet de présence, dans cette interrelation permettant d’élargir les frontières du monde d’images, de l’étendre dans l’espace physique et d’injecter du même coup un peu de celui-ci dans le monde virtuel. L’effet de présence, c’est à la fois la sensation de rencontrer des personnes tangibles dans un monde d’images et celle de rencontrer des avatars dans l’espace physique!

Lire l’article
Lire le blog sur Babelwarms et accéder à l’oeuvre

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