PUB IMMERSIVE À BERRI-UQAM

En descendant les escaliers mobiles de la station Berri-Uqam menant vers le quai du métro en direction Angrignon, la nouvelle pub de Budweiser immerge complètement l’usager. C’est une manière de souligner la cinquième édition du Grand Prix du Canada pour laquelle elle est la « bière officielle ». On y a tapissé les murs, orné les structures des escaliers mobiles et recouvert le plancher! Comme de véritables installations in situ, de plus en plus de pubs habillent nos stations de métro. Se présentant dans un excès de présence, la pub de Budweiser met en scène l’usager, qui, en descendant les marches se retrouve sur une scène (les pistes de courses), assailli par les regards de plusieurs centaines de spectateurs. Il ne peut faire autrement que de voir la pub (ce qui est sans doute le but) sans pour autant la saisir d’un seul coup d’oeil. Le lieu est saturé, j’ai presqu’envie de dire que l’effet de cet excès devient presqu’une absence. Absence de soi dans l’environnement qui imprègne et, par ricochet, absence du saisissement, d’un souvenir précis. On se retrouve à l’intérieur d’un micro-univers, sans avoir pour autant envie de le connaître. La « Pub dont vous êtes le héros » colore le lieu de passage, enveloppe, mais elle s’évanouit rapidement dans silence ou plutôt dans les vrombissements ambiants. On y revisite un peu les murs qui prennent certainement une autre dimension, mais surtout le vitrail « Hommage aux fondateurs de la ville de Montréal » de Gaboriau et Osterrath qui côtoie, avec un peu de mal, la pub qui la contamine avec ses rouges saturés. On n’y voit rien!

Peu après cette expérience de pub immersive, je me retrouve dans le train. Mon regard parcours un peu les alentours. C’est seulement après trois stations que mon copain me lance : « hé, regarde par terre! »Une pub du désodorisant Axe s’y trouvait, une inscription au sol disant quelque chose comme : « agis maintenant, une brune sexy va bientôt sortir du train » et c’est signé Axe. Plus subtile, la pub est piétinée à l’heure de pointe et presqu’invisible à n’importe quel moment de la journée. Elle est de l’ordre de l’apparition, une petite révélation dans la journée, moment éphémère et singulier. Bon, j’aurais préféré une révélation un peu plus profonde, mais on parle de pub. La pub fait rire celui qui s’y intéresse ou intéresse parce qu’elle se rend soudainement présente, de même qu’elle n’accapare pas l’indifférent. À mon avis, c’est un message qui reste, parce qu’il donne l’impression de l’avoir trouvé et qu’il nous appartient. Il se fait effet de présence. Je ne suis pas Fan de la pub, mais je préfère le saisissement à l’inondation, l’apparition subite à la plénitude évanouissante.

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