Du virtuel dans l’espace

Quand j’entends « voyager dans l’espace », je ressens une certaine forme de liberté. Il est fascinant de penser que l’on puisse quitter le monde sans mourir pour autant. Quel relativisme imprégnerait alors mon regard, si je pouvais me trouver à l’extérieur. Les bassesses humaines ne seraient plus signifiantes à mes yeux, puisqu’elles se trouveraient en bas, de toute manière. Les frontières géopolitiques et autres divisions s’estomperaient et je deviendrais probablement encore plus adepte de la pensée cosmologique que je le suis maintenant.

En fait, si je réfléchis un peu plus, voyager dans l’espace, ça veut aussi dire être enfermé dans une navette, pendant plusieurs mois, avec d’autres personnes desquelles ma vie dépend. Ça veut aussi dire dormir debout, manger du surgelé et recycler son urine. Ça veut aussi dire être loin de ses proches. Mine de rien et malgré le beau paysage visible dans les hublots, c’est une expérience plutôt terre-à-terre. Cela est, en partie, dû au fait que ces personnes se retrouvent dans leur milieu de travail. Fermez les yeux et imaginez passer 4 mois enfermés dans une pièce avec vos collègues, sans même pouvoir prendre une bouffée d’air frais. L’expérience de l’espace devient celle d’une absence d’espace où tout est compartimenté et réglé sur mesures. En fait, les confrontations humaines n’atteignent pas un stade que j’appelle « philosophique » -dans la mesure où on relativise l’existence du monde, du moins son importance- elles demeurent des confrontations bien enracinées dans le réel mondain, pire encore, leur intensité s’en voit multipliée. C’est pourquoi un groupe de chercheurs de Boston œuvre à un nouveau programme de thérapie virtuelle pour astronautes. Un thérapeute artificiel pourra ainsi contribuer à maintenir un peu d’ordre dans ce micro-monde où chaque personne est éminemment dépendante des autres. Mais que se passera-t-il lorsque l’agent intelligent ne pourra pas répondre à une détresse psychologique d’un astronaute? Les chercheurs sont bien confiants d’être en mesure de faire le tour des problèmes humains relatifs à leur présence dans l’espace. Et puis, tant qu’à y être, ce programme de thérapie virtuelle pourra servir pour les milieux ruraux, où on trouve peu de psychologues (comme le propose l’article) et pourquoi pas dans les milieux de travail? Je me demande quel genre de conception de la thérapie ont les gens qui développent ce programme…Juste savoir que l’ensemble de nos problèmes puissent se trouver dans une base de données et qu’ils puissent être analysés par un personnage virtuel, je me sens déjà mieux. En fait, ça me confirme que la plupart des problèmes interpersonnels découlent d’une forme d’aliénation.

Lire l’article sur le programme de thérapie virtuelle

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