Un chatbot dément

Un chercheur en science cognitive conçoit un personnage virtuel dont les caractéristiques physiques comme psychiques devraient traduire notre définition de ce que nous appelons « evil » ou diabolique. E est le nom du personnage avec qui il est possible d’interagir dans un monde virtuel conçu pour lui-même. Bringsjord s’intéresse depuis plusieurs années au comportement humain de manière générale. Pour ce projet, il doit cerner ce que signifie être diabolique :

« To be truly evil, someone must have sought to do harm by planning to commit some morally wrong action with no prompting from others (whether this person successfully executes his or her plan is beside the point). (…) these reasons (du pourquoi du projet diabolique) would either prove to be incoherent, or they would reveal that the evil person knew he or she was doing something wrong and regarded the harm caused as a good thing. »

Il cherche également à ériger son personnage à partir de croyances et de motivations qui peuvent être à l’origine d’un plan diabolique. Ensuite, les propriétés physiques sont développées. En plus de s’inspirer largement de la littérature, Bringsjord mentionne que son personnage est une version plus méchante du personnage de Mr. Perry dans Dead Poets Society. Il ne m’a jamais semblé que Mr. Perry était diabolique ou incohérent. Enfin, les décisions qui mènent sont fils au suicide ne sont pas incohérentes lorsqu’on comprend le contexte et le personnage, pas plus qu’elles ne sont méchantes au sens de vouloir du mal. On comprend ici comment le projet polarisant de Bringsjord est touchy d’un point de vue éthique. Si le fait de parler de l’existence du diabolique est déjà polémique -parce qu’il signifie, plus souvent qu’autrement, le fait de s’opposer à une morale à proprement dite religieuse- fixer le diabolique dans une morphologie et un comportement est extrêmement problématique. Le chercheur tente de créer ce contact artificiel avec le diabolique par l’entremise d’un personnage virtuel. La création de l’effet de présence du diabolique dans un tel personnage suppose en quelque sorte l’existence de l’essence du diabolique, la possibilité qu’un être soit fondamentalement définit par cette caractéristique qui empreignent toute sa caractérologie et sa physiologie et que ceux-ci ne soit pas altérables. Les études qui seront basées sur le dialogue avec ce personnage auront toutes comme assise cette prémisse polarisante. N’empêche que le personnage est « réellement » creepy

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