De l’art contemporain et des lapins!

Photo : Paule Mackrous

Décidément, j’adore les vitrines estivales des centres d’artistes! C’est la surprise qui me prend à chaque fois. L’œuvre ouvre un espace qui me saisit par son décalage avec les autres vitrines. Je m’arrête, complètement obnubilée, puis je regarde avec beaucoup de curiosité. Puis, soudainement, la vitrine devient un espace de réflexions bien différentes des réflexions spontanées qui me prennent devant les autres vitrines (« hmm, ils sont beaux ces souliers »).

J’errais sur l’avenue du Parc, une des rues les plus éclectiques de Montréal tant par ses commerces que par les individus qui les fréquentent, et les petits lapins ont retenu mon attention. Je les trouvais cute, jusqu’à ce que je m’approche de la vitrine et que le cute se transforme en gore.

L’œuvre Amputation et Manipulation de Lucie Duval est aussi attendrissante que troublante. Les petits lapins, suspendus pour ne pas dire pendus, sont faits avec des gants de travailleurs made in China. Le regard, réversible, dirige son attention sur une main amputée ou sur un lapin cicatrisé : un push and pull qui le fait sans cesse osciller d’une perception à l’autre.

Comme en témoigne le très beau texte accompagnateur, l’artiste tient un discours engagé sur la Chine et les conditions de travail parfois misérables qui y sont pratiquées. Certains lapins me rappellent plus les ombres chinoises que je faisais quand j’étais petite (la technique du lapin était certainement la plus simple) que le travail à la chaîne, mais il y a quelque chose à voir avec la Chine en tous les cas!

Je me disais aussi, un peu perplexe, que les lapins étaient à la mode en art contemporain. En effet, j’en ai vus plusieurs passer dans les galeries (ou les laboratoires) depuis quelques années. Il y aurait certainement une thèse à faire là-dessus, mais ça ne sera pas la mienne!

Photo : Paule Mackrous

Ils ont vraiment de la personnalité ces petits lapins. C’est étrange comme on parvient à s’attacher à certains d’entre eux. À force de les regarder, ils s’animent et se singularisent. J’ai finalement eu une préférence pour le petit lapin blanc, seul dans le coin de la vitrine, avec ses petites pattes qui trainaient par terre et ses oreilles croisés sur sa tête. On aurait dit un fantôme triste (et j’aime tout spécialement les fantômes, triste ou non). Je regrettais de ne pouvoir le voir en vrai, c’est-à-dire, sans le reflet de la vitre qui nous séparait. Cela dit, il est possible d’adopter l’une de ces petites créatures en contactant l’artiste. J’y songe…

Photo tirée du site d’Occurence


du 30 juillet au 3 septembre
Dans la vitrine:
Amputation et manipulation
Lucie Duval

Occurrence, espace d’art et d’essai contemporains
5277 Avenue du Parc
Montréal, Québec, Canada
H2V 4G9


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