L’effet de présence et la réversibilité

J’aime l’idée que tout ce qui me traverse l’esprit peut être réversible. Je pense ici à une réversibilité multiple, voire infinie, et non à une réversibilité à deux faces.
L’effet de présence, comme bien d’autres choses, était d’abord pour moi un phénomène réversible à deux faces : la présence qui émane d’une image ou l’image qui émane d’une présence selon le rapport au monde que j’adoptais. En même temps, l’effet de présence oscille à la rencontre de ces deux rapports au monde. Car lorsque j’expérimente les choses en présence et que soudainement, elles font images, il s’agit du même lieu où j’expérimente une image et qu’une présence se fait sentir. Ce « lieu » ou ce « temps » où la conscience oscille est réversible à l’infini. Pourquoi alors rester dans cette logique binaire qu’invoque, par l’agencement même des mots, l’ « effet de présence »? Au contraire, l’effet de présence, comme bien d’autres expressions, ne sont-ils pas que des pointeurs ou index, vers ce genre de lieu que nous ne pouvons pas simplement « dire »? C’est entre l’effet et la présence que cela se situe. On pourrait dire que c’est le « de », juste pour faire image. L’image a besoin de la présence pour se manifester, la présence à besoin de l’image pour se manifester : l’origine ne peut être que la réversibilité.

Ça me fait penser au dessin. Lorsque je dessine, il n’y a plus d’objets, il n’y a que des lignes, des formes, des couleurs et mon regard sur le monde n’est pas dirigé vers des objets dans l’espace, mais plutôt vers l’espace, le vide, qui rend possible ces objets. Il se dirige, à partir de cette possibilité du vide, sur la rencontre de celui-ci avec les objets, ce qui met le vide et l’objet sur le même plan. C’est la perception de cette rencontre, sur le même plan, qui fait « image » au sens propre. C’est cette capacité, plus développée chez certains que chez d’autres, à poser le regard sur ce « lieu », qui fait l’image du dessin. Et la réversibilité y est infinie.

Oui, j’ai vraiment besoin d’une théorie en images pour « parler » de l’effet de présence! Pas d’une théorie de l’image, mais plutôt, d’images théoriques.

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