Interdisciplinary/Imaginary Jockey (IJ)

J’ai mentionné le terme « Interdisciplinary ou Imaginary Jockey » pour la première fois dans ce projet en l’introduisant ainsi :

Et plus j’y pense, plus cela définit ma pratique d’historienne de l’art à l’ère d’Internet…Et bien plus encore : cela définit ma vie quotidienne. Si je proposais, dans un précédent billet, que l’historien d’art actuel était un VJ, l’idée du IJ m’apparaît plus complète.

Au fil des dernières années, j’ai voulu devenir DJ, mais pas de hip hop, cet univers m’a toujours rebuté, je l’avoue. Je comprends maintenant que ce désintérêt peut être lié à la quasi absence des femmes ou à leur rôle, disons, souvent accessoire. Le sampling sonore me fascinait et me fascine encore. J’enregistre des sons que je trouve un peu partout sur mon parcours et je les mixe avec d’autres sons trouvés sur le Net. Ce sont là deux formes d’errance, tangible et virtuelle, qui font partie de ma vie quotidienne et académique : être là, écouter, capter, puis créer quelque chose, une proposition quelconque. Le tout, dans mon propre rythme.

Et puis je me suis mise à apprendre des logiciels de VJ comme VDMX et à lire les « Picture theories ». Évidemment, ma formation en histoire de l’art m’a rendue très sensible au visuel et au mouvement. VJing, pour moi, ça veut dire : être attentive à toutes les formes d’images qui m’entourent, aux anachronismes. J’aime les décoder, les capter, puis créer quelque chose, une proposition quelconque. Le tout dans mon propre rythme.

La beauté de ces deux pratiques repose également dans l’idée de performance. Cette chose, que l’on crée, on le fait en temps réel avec notre corps. Viennent alors les petits accidents causés par la manipulation, le logiciel lui-même ou la qualité de l’image, articulant ainsi un autre rythme qui connecte avec celui de l’auditoire.

Si l’on appelle encore « arts visuels » l’objet de l’histoire de l’art, on conviendra que cet art est aussi entendu, habité, parfois même touché et cela, de manière simultanée et que l’immense bassin d' »archives » qui nous permet aujourd’hui de l’étudier se déploient à travers une multitude médias. La IJ est donc sensible aux productions culturelles (artistiques, scientifiques) de manière générale. Elle les observe, les capte, puis crée quelque chose, une proposition quelconque. Le tout, à son propre rythme.

En mixant les productions culturelles à son propre rythme, la IJ met en oeuvre son propre imaginaire :

Historienne de l’art = IJ
Méthode = sampling
Modèle temporel (parce que tout bon historien d’art en propose un) = rythme
Résultat = remix (mais toujours un processus, une performance)

À suivre…


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