Le sublime, une amorce… [Ryoji Ikeda, DHC Art]

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Toujours embarrassant de sortir d’une exposition et de ne pouvoir dire qu’une seule chose : « c’est sublime ». Pour une historienne de l’art, s’entend. Que veut dire « sublime », au juste? J’imagine que c’est une sorte de sensation d’élévation ou d’extase. Que si on la décortique, elle s’estompe. Peut-être qu’il vaut mieux la mystifier davantage. Juste pour qu’elle dure plus longtemps. Enfin, c’est ce que Delgado fait dans sa critique de Ryoji Ikeda :
What do you mean? Que je me demande quand je lis de telles choses sur l’art…
Le sublime, pour moi, c’est une amorce. Ça l’a toujours été. Une amorce pour une histoire. J’appelle ça une histoire de l’art, mais c’est plutôt le récit d’une rencontre. C’est tout sauf mythique, religieux et irrationnel. 
Ce n’est pas pour autant explicatif.
C’est romantique, par contre.
« Just enjoy it », nous disait Ryoji Ikeda. « It’s just art, you know », répétait-il, du haut de ses connaissances phénoménales. Parce qu’on le sait, derrière chaque œuvre  abstraite d’Ikeda, se dissimule une profonde recherche. Et c’est justement cette recherche qui libère l’aura dont parle Delgado. Nul besoin de connaître la démarche artistique de l’artiste pour saisir l’ampleur de son travail. L’aspect formel de ses œuvres nous procure une expérience qui n’est pas celle d’un simple divertissement. Ce sont des œuvres extrêmement intelligentes. À leur rencontre, on le sait, point. 

Devant cette intelligence, on se sent petit. Et les œuvres, on les trouve sublimes.

Que peut-on savoir, qu’elles ne savent pas déjà? Vaut mieux mystifier leur intelligence menaçante. Vaut mieux rester un peu à l’écart.  Leur perfection renferme trop de savoirs. Trop de sagesse. Trop d’intensité.

C’est un peu l’effet que ça fait.

Ainsi, je ne pensais jamais être émue en regardant des représentations de constantes mathématiques. En me penchant au-dessus de vieilles cartes d’ordinateur illuminées. En expérimentant diverses formes de visualisation de données. En écoutant des sons stridents…etc. 
C’est parce que ce ne sont pas des constantes mathématiques, mais des œuvres sur papier finement détaillées. Ce ne sont pas des cartes d’ordinateur illuminées, mais des constellations toutes singulières. Ce n’est pas de la visualisation de données, mais la révélation d’un flux invisible et vital. Ce ne sont pas des sons stridents, mais des tintements avec lequel mon corps, oui, mon corps (!), s’harmonise…etc.
Enfin, j’aurai besoin de beaucoup de pages pour dénouer cette rencontre. C’est pourquoi vous retrouverez, dès septembre, un long article dans la revue Archée à ce sujet. C’est donc à suivre.
Pour voir le Beau et le Sublime s’affronter dans un duel sans pitié : 
14 juin-18 novembre 2012 
451& 465, rue St-Jean
Montréal, Québec
H2Y 2R5

2 commentaires sur “Le sublime, une amorce… [Ryoji Ikeda, DHC Art]

  1. « What do you mean? Que je me demande quand je lis de telles choses sur l'art… »

    Je me suis dit exactement la même chose en lisant cet article il y a quelques jours! Je suppose que le contexte d'écriture d'un article de journal fait que c'est encore plus difficile à cerner. Mais quand je décris un objet d'analyse, la difficulté me semble en effet toujours être de bien cerner son expérience, et dans certains cas même au-delà de l'évidence.

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  2. Oui, peut-être que c'est encore plus difficile à cerner dans le contexte journalistique…Étrange, tout de même, car il est facile pour un journaliste (et ils le font souvent), de contourner un discours sur leur expérience des œuvres en parlant simplement de l'artiste, de son processus de création et en décrivant les œuvres de manière, genre, formelle.

    Oui, même au-delà de l'évidence… 🙂

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