La résignation universitaire

Il circule depuis au moins un mois et il fait sourire : le Conference Manifesto s’en prend, comme son titre l’indique, à la conférence universitaire. D’entrée de jeu, le manifeste donne le ton : « We are weary of academic conferences ». C’est autant le format que le contenu qui sont ici critiqués avec ironie et je dirais même avec un peu de sarcasme :

We have sat patiently and politely through talks read line by line in a monotone voice by a speaker who doesn’t look up once, wondering why we couldn’t have read the paper ourselves in advance with a much greater level of absorption.

Après une critique point par point de la conférence universitaire, les auteurs y vont de quelques recommandations qui, à mon avis, ne changeraient pas grand chose. Il serait évidemment chouette qu’on cesse de lire nos papiers, qu’on respecte le temps alloué et qu’on pose des questions qui sont de véritables questions. Mais il me semble que le noeud du problème n’est pas là. D’ailleurs les auteurs semblent le reconnaitre, mais préfèrent y aller d’une sorte de résignation :

We don’t expect the conference system to change any time soon. In the meantime, we humbly submit the following contract, which you may distribute in advance to speakers at your next conference.

J’ai toujours trouvé les conférences insupportables, j’en avais même fait un billet de blogue, non sans humour, intitulé « Colloques universitaires : propositions pour un colloque adapté au corps humain. » Ce qui est le plus insupportable dans les colloques, les auteurs du manifeste le soulignent lorsqu’ils écrivent : « Conferences feel necessary, but their purpose is unclear ». C’est quoi l’purpose? Le CV? Le noircissage de cases dans les demandes de subvention?

L’purpose, il me semble que c’est le partage du savoir, le dialogue. Or, il est difficile d’harmoniser l’état de partage avec un désir d’accumulation…

Publié par Paule Mackrous

Après un parcours universitaire en histoire de l’art (BAC, Maitrise) et en sémiologie (Phd), j’ai fait un petit virage en horticulture (DEP, ASP) et en foresterie urbaine (arboricultrice certifiée ISA et études de deuxième cycle en agroforesterie), un domaine dans lequel j’œuvre avec beaucoup d’enthousiasme aujourd’hui! Je poursuis mon travail d’historienne de l’art et de sémioticienne par l’écriture et la recherche, surtout durant la saison hivernale, lorsque la lumière s’amenuise, que le sol gèle et que les plantes dorment. Sur mon blogue, je publie des textes de réflexion sur l’art, la nature et la foresterie selon les lectures du moment, les lieux visités, les œuvres rencontrées.

2 commentaires sur « La résignation universitaire »

  1. La question que je me suis effectivement toujours posée à propos des séminaires: permettent-ils le partage de connaissances ou visent-ils plutôt à diffuser une pensée officielle avec l’adoubement des plus jeunes par les plus anciens? Ne servent-ils pas à cristalliser une pensée et à se rassurer…

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :