Apprendre à disparaître [Réflexion sur H is for Hawk de Helen Macdonald]

Maria Popova l’a mis en deuxième sur son palmarès de 2015 et s’il y a un palmarès sur lequel je me fis, c’est bien celui de l’auteure de brainpickings. Entre l’autobiographie et le récit naturaliste, H is for Hawk de Helen Macdonald m’a fait rire et pleurer. Il a nourri mes réflexions sur notre rapport à la nature et au sauvage ainsi que sur notre propension ô combien discutable à domestiquer les animaux.

Le livre ne se résume pas, mais la trame narrative est la suivante : l’auteure est une universitaire spécialiste des oiseaux de proie dont le père meurt subitement d’une crise cardiaque. Le récit est celui de sa période de deuil durant laquelle elle décide d’adopter et d’entrainer un autour (goshawk). La relation avec l’oiseau sauvage, impossible à domestiquer puisqu’il ne répond pas aux punitions, lui révèle des facettes étonnantes de sa personnalité et, d’une certaine manière, de l’humanité.

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Ma lecture est inévitablement influencée par le fait que je m’identifie à la situation de l’auteure. Mon deuil est différent, mais j’ai ce même besoin de solitude et de nature après une longue aventure universitaire. Ainsi, je me reconnais dans ce genre de passage: « For so long I’d been living in librairies and college rooms, frowning at screens, marking essays, chasing down academic references». Après la soutenance, je me suis moi aussi sentie conditionnée, comme détournée de mon instinct. Cet instinct refait surface durant mes grandes marches en nature où je prends conscience que « something inside me ordered me how and where to step without me knowing much about it ».

Lorsqu’on s’engage dans un parcours doctoral et qu’on souhaite ardemment un poste de professeur, il faut maintenir une présence : dans les revues, dans les classes de cours, dans les colloques. En cours de route, on oublie parfois une chose fort importante pour s’émerveiller, mais aussi pour « trouver » : on oublie comment disparaitre. L’auteure réapprend une telle chose auprès de son autour : « one of the things you must learn to do is become invisible ». On cherche des réponses avec acharnement, mais comme le raconte l’auteure, dans la nature « when you want to see something very badly, sometimes you had to stay still, stay in the same place, remember how much you wanted to see it, and be patient ». L’autour ne bouge pas de sa perche, il ne révèle pas sa véritable nature tant et aussi longtemps que sa maîtresse est « présente », dans son désir d’emprise.

Au fil de l’entrainement de son oiseau, l’auteure, en quelque sorte, disparaît. Elle s’identifie de plus en plus à l’animal : « The hawk was everything I wanted to be : solitary, self-possessed, free from grief, and numb to the hurts of human life ». Elle devient craintive à l’idée de rencontrer des gens dans la rue. Elle redoute de devoir faire la conversation avec ceux qui s’étonnent de voir un oiseau perché sur son poing. Plus l’oiseau est dompté, plus elle se sent sauvage. Elle est liée au monde uniquement par les fauconniers de l’histoire et leurs récits dans lesquels elle se perd et nous entraînent. « History collapses when you hold a hawk », raconte-t-elle. Les ambitions de carrière, que l’on confond trop souvent avec l’enthousiasme, se dissipent, elles aussi. La recherche de la réussite crée souvent plus de détachement et de déconnexion que d’ardeur et de passion. Du moins, c’est ce que nous évoque le récit de Macdonald.

La mort de son père et le contact avec l’oiseau sauvage déclenchent un deuil beaucoup plus grand que celui de la perte d’un être cher puisqu’il implique la mort d’un rapport au monde. Tout est à reconstruire. Lorsqu’elle retourne sur le campus de l’université, les lieux lui semblent étranges. J’aurais pu écrire ce passage tant il décrit bien ce moment où je suis passée devant mon université, il y a quelque temps:

Sudden vertigo. Something shifts in my head. Something huge. Then everything I see collapses into something else. I blink. It looks the same. But it isn’t. This is not my college. Nothing about it feels familiar. It doesn’t even feel like a college at all. Just a few acres of buildings, giant collector’s boxes of brick and stone crammed with the detritus of centuries.

On pourrait croire qu’il s’agit encore d’un récit de femme qui retrouve peu à peu son pouvoir dans le monde sauvage, mais l’auteure déconstruit habilement le mythe selon lequel s’isoler dans le bois est une solution à la douleur. Elle qualifie ces histoires de guérison par la wildness de « beguiling but dangerous lie ». Macdonald démontre habilement que la vision de la liberté qu’on y retrouve est aliénée, car elle n’est qu’une répétition de l’éducation scolaire. C’est une liberté qui vient seulement après des épreuves, d’année en année: des épreuves qui donnent soi-disant du pouvoir et du privilège. Macdonald réitère toute l’importance du contact humain, car il lui manque terriblement. « Wild is not a panacea for the human soul; too much in the air can corrode it to nothing », insiste-t-elle. Il faut ainsi trouver un équilibre. C’est à ce moment qu’elle se dissocie à nouveau de l’animal pour prendre conscience de son humanité. L’auteure réalise qu’elle ne peut se tenir longuement à l’écart de l’horreur humaine. L’être humain n’est pas sauvage et n’a pas intérêt à l’être.

Peu à peu, inévitablement, son questionnement se pose sur le fait d’enfermer un animal sauvage…

Récemment, j’ai acheté des poissons à mes enfants avec des petites crevettes qui nettoient l’aquarium. Il n’y a pas une journée où je ne me sens pas un peu coupable de mon geste. Il est clair pour moi que les pratiques humaines envers les animaux domestiques ont quelque chose de profondément déconnecté. Qu’on ne les remette jamais en question sur la place publique m’inquiète profondément. L’enjeu est tellement complexe, c’est triturant: j’ai enfermé des poissons pour que mes enfants aient un contact quotidien avec les animaux, qu’ils connectent avec eux, qu’ils les observent, qu’ils comprennent leur nature, qu’ils arrivent à les percevoir comme des individus à part entière: pour qu’ils les aiment, quoi! Quel paradoxe.

À ce sujet, le point de vue de l’auteure m’apparaît tellement juste. C’est peut-être parce qu’il me réconforte :

I know that some of my friends see my keeping a hawk as morally suspect, but I couldn’t love or understand hawks as much as I do if I’d only ever seen them on screens. I made a hawk part of a human life, and a human life part of a hawk’s, and it made the hawk a million times more complicated and full of wonder to me.

Il nous est difficile de ressentir cette connexion, cet émerveillement et cet amour pour l’animal sans le dénaturer, sans exercer une certaine forme d’emprise et sans définir son espace de liberté pour se protéger ou pour le garder près de soi: il nous est difficile de disparaitre. Cette inaptitude à penser notre disparition est pourtant en train de foutre la planète et tout ce qu’il y a de vivant (dont nous-mêmes!) dans un pétrin sans commune mesure. En ce sens, la culpabilité liée à la domestication des animaux est un sentiment sain que je cherche à accueillir plutôt qu’à tasser sous le tapis.

Je n’ai pas fait de détours avec les enfants. Je leur ai parlé de ce que la proximité avec ces petits êtres pouvaient apporter, aux animaux comme aux êtres humains. Mais je leur ai aussi parlé de ce que ça voulait dire d’enfermer un poisson dans un aquarium, car je crois malgré tout que c’est dans ce mélange de proximité et de culpabilité qu’on peut apprendre à disparaître, et à laisser « être ».

Harper Pitt, le changement et la justice réparatrice [Angels in America de Tony Kushner]

An angel is a belief. With wings and arms that can carry you. If it lets you down, reject it.
Tony Kushner, Angels in America

Je n’ai pas lu beaucoup de pièces de théâtre dans ma vie. Je n’ai pas le réflexe d’en acheter ou d’en emprunter comme je le fais spontanément pour les essais, les romans et les recueils de poésie. Pourtant, les quelques pièces que j’ai lues, que ce soit Sainte Carmen de la Maine de Michel Tremblay ou Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau, ont toutes marqué mon imaginaire; elles ont contaminé irréversiblement ma pensée. Je me suis lancée hier dans la lecture de la pièce Angels in America : A Gay Fantasia on National Themes de Tony Krushner et elle n’a pas fait pas exception à la règle.

L’année dernière, j’ai suivi un cours de théâtre sur la construction du personnage où j’ai eu l’impression de réapprendre à lire. Depuis, je lis les dialogues un peu différemment. Je laisse les personnages m’habiter et ma lecture devient une interprétation, une performance, même si tout se passe en silence. Je relis des passages plusieurs fois comme pour trouver le ton, l’attitude et le sentiment justes. Il y a quelque chose de transformateur dans le fait de lire une pièce de théâtre en faisant raisonner les mots dans son corps.

Divisée en deux actes (Millenium Approaches et Perestroika), la pièce tourne autour de Louis et Prior, un couple gai vivant à New-York, dans les années ‘80. Prior contracte le sida. Louis ne supporte pas de le voir mourant. Il fuit. Il rencontre un autre homme, Joe, un avocat homosexuel marié à Harper, une femme sombrant dans la folie. Sous les effets violents des médicaments, le malade atteint du SIDA entend des voix, hallucine des anges. Des réflexions percutantes en émergent, notamment sur l’étrange corrélation entre la douleur et le désir de vivre qui, au fil du combat, ressemble de plus en plus à une dépendance :

You see them living anyway. When they’re more spirit than body, more sores than skin, when they’re burned and in agony, when flies lay eggs in the corners of the eyes of their children, they live. […]I recognize the habit. The addiction to being alive. We live past hope. If I can find hope anywhere, that’s it, that’s the best I can do. It’s so much not enough so inadequate but…Bless me anyway. I want more life.

Angels in America parle de la mort et de la maladie physique et mentale. Il y a de longs passages sur la politique américaine, le racisme et la justice (ou son impossibilité) : deux des personnages sont d’ailleurs des avocats. La religion est également très présente (s’y côtoient difficilement des juifs, des mormons) ainsi que le difficile arrimage de la croyance avec l’homosexualité. Les catastrophes, humaines ou naturelles, sont également des thèmes récurrents. Mais, au final, c’est surtout une pièce qui parle d’amour, de différence, de guérison (ou de réconciliation?) collective et de « life addiction » pour reprendre une des belles expressions qui se retrouvent dans la pièce.

L’écriture de Kushner est intelligente, chaque métaphore mérite une méditation. C’est dans le personnage d’Harper qu’on constate l’étendue de son talent pour créer des images fortes, des images qui valent au-delà de mille mots. Harper dialogue avec les morts et les anges; elle entre dans les rêves des autres, voyage jusqu’en Antarctique (dans ses hallucinations) et revient dans le monde commun avec des visions singulières de la vie qu’elle affirme comme des révélations : «Devastation. That’s what makes people migrate, build things. Devastated people do it, people who have lost love ». Harper incarne l’aspect sensible et lumineux d’une vision apocalyptique qui traverse la pièce.

Profondément amoureuse de Joe, son mari homosexuel, elle souffre de ne pas être désirée par celui qui l’a pourtant choisie. Joe est prêt à tout pour maintenir une image sociale correspondant à la société de droite et à la religion mormone qui le définissent de manière fondamentale (selon lui). La détresse d’Harper révèle que la répression de l’homosexualité n’affecte pas seulement les homosexuels. La manière dont Joe décrit son amour pour Harper est assez terrifiante et, étrangement, très belle en même temps. C’est un amour destructeur, évidemment :

What scares me is that maybe what I really love in her is the part of her that’s farthest from the light, from God’s love; maybe I was drawn to that in the first place. And I’m keeping it alive because I need it.

Les croyances et les désirs formant deux mondes différents, comme deux entités antagonistes, les personnages sont triturés; ils sont forts, énergiques et vivants! La résistance remporte souvent la lutte contre le désir naturel de vivre son homosexualité et d’accueillir l’autre qui n’a pas les mêmes croyances, la même couleur de peau ou les mêmes allégeances politiques. Quelque chose entrave l’épanouissement de ce « moi »: des souffrances, de l’orgueil, de la honte, mais aussi un contexte social violent, évidemment. Il y a d’ailleurs un magnifique passage, une métaphore sur le changement intérieur. Harper demande à Mormon Mother « how does people change? » Voici ce que la sage lui répond :

God splits the skin with a jagged thumbnail from throat to belly and then plunges a huge filthy hand in, he grabs hold of your bloody tubes and they slip to evade his grasp but he squeezes hard, he insists, he pulls and pulls till all innards are yanked out and the pain! We can’t even talk about that. And then he stuffs them back, dirty, tangled and torn. It’s up to you to do the stitching.

La métaphore évoque la torture physique et la réparation qu’elle requiert. On y comprend combien il est douloureux et difficile de « devenir soi-même », d’abandonner des croyances enracinées pour écouter ses tripes, pour se lier authentiquement aux autres en dépit de (ou grâce à) la différence.

Harper consomme une forte quantité de valiums et, malgré ses hallucinations, elle n’est pas complètement déconnectée, au contraire. Ce qu’elle vit résulte plutôt d’un don : « I saw something that only I could see because of my astonishing ability to see such things ». Si elle est malade, ce n’est pas parce que son rapport au monde est altéré (un rapport qu’on évalue de l’extérieur), mais parce que la douleur l’envahit, de l’intérieur. Ses perceptions étranges comportent une forme de vérité. Elle est souffrante, mais lucide. Paradoxalement, c’est cette même lucidité qui la rend lumineuse, car si elle pressent la fin du monde, c’est elle qui imagine le mieux sa réparation.

L’un des plus beaux passages de la pièce est un petit monologue dans lequel Harper fait le récit d’un rêve. Les images décrites évoquent une transformation menant à une justice réparatrice, une guérison. Celle-ci advient sans l’intention humaine, mais elle passe par l’âme humaine alors que l’âme se libère de son enveloppe terrestre, de son égo et de la violence quotidienne. Cette transformation permet à l’âme de retrouver la possibilité d’aimer sans résister et, ainsi, d’utiliser son pouvoir de guérison. Du moins, c’est comme cela que j’ai interprété le passage. Je ne le retranscrirai pas ici, je vous propose plutôt d’écouter la très belle lecture qu’en fait Kristen Stewart dans le film Still Alice, car c’est de cette manière que je m’imagine Harper le réciter. Elle lui insuffle de la vie.  Attention, c’est définitivement un spoiler.

La mer, partout [Rachel Carson, The Sea Around Us]

Si vous êtes un amoureux ou une amoureuse de la mer et que vous n’avez pas encore lu The Sea Around Us de Rachel Carson, il est encore temps de remédier à la situation. Sachez toutefois que le livre est daté (1951), que vous en apprendrez peu sur les réchauffements climatiques, sur la fonte des glaciers ou encore sur l’acidification des océans. Même s’il est bourré de données scientifiques, ce livre fait autre chose que de nous informer. Il cherche à nous émerveiller et à nous connecter à cette mer; il nous offre un voyage au coeur de ce monde vaste et merveilleux, « a world that, in the deepest part of our subconscious mind, we had never wholly forgotten »: un lieu qui nous a donné la vie.

On construit des maisons, des immeubles, des routes sur la terre ferme, cela devient notre monde. On oublie peut-être que cette terre ferme ne représente que 30% de la surface de la planète. On occulte le fait que, dans la longue histoire de notre petite planète, les continents ne sont rien d’autre que des « intrusions of land above the surface of the all-encirling sea ». Carson nous enveloppe à nouveau dans la mer de nos origines et brise peu à peu nos illusions. Dans le ventre de cette mer, la vie grouille, les montagnes s’élèvent fièrement et c’est extrêmement bruyant!

La plume unique de l’auteure, comme toujours, attise notre imagination. Carson souhaite sans doute ouvrir nos sens sur ce qui leur est inaccessible. Ces gigantesques chaînes de montagnes plus massives que les Rocheuses, bien ancrées dans le « deep sea » de l’Atlantique, nous ne pourrons jamais les gravir. Nous voyons bien la pointe d’un sommet former une île dans les Açores, mais leur immensité se dérobe à notre regard. Que dire de ces volcans en éruption? « There are probably as many active volcanoes under water as on land ». À quoi ressemblent-ils? Comment imaginer cette noirceur propre aux fonds marins qui n’a rien à voir avec notre noirceur terrestre et que seuls ceux qui s’y sont aventurés peuvent comprendre?

Le titre prend tout son sens lorsque Carson nous entretient sur les traces laissées par la mer sur la terre ferme: « though you may be a thousand miles inland, you can easily find reminders that will reconstruct for the eye and ear of the mind of the processions of its ghostly waves and the roar of its surf, far back in time ». La mer est partout, insiste l’auteure, il faut simplement ouvrir les yeux un peu plus grand et activer notre imagination. Notre regard sur le monde change au fil de la lecture et, avec lui, la conscience s’éveille : non seulement nous venons de la mer, mais « at any moment the process might be reversed and the sea reclaim its own ». Ceci est encore plus réel aujourd’hui, alors que le niveau de la mer monte dramatiquement.

Rachel Carson a appris le langage des vagues qui, selon elle, parlent depuis des millions d’années. Elle nous entretient sur la manière dont elles se forment au loin et se fracassent non loin de la rive. Elle nous parle de ces vagues qui annoncent la tempête et de celles, moins inquiétantes, qui sont créées par un vent plus doux au cœur de cette masse d’eau. Parce qu’on peut bien faire nos Moïse et séparer les eaux: « there is no water that is wholly of the Pacific or wholly of the Atlantic, or of the Indian or the Antartic.[…] It is by the deep, hidden currents that the oceans are made one ».

On entend toutes sortes de choses et de mythes sur les marées. Carson nous donne l’heure juste tout en pointant vers le mystère que représente cette force à laquelle « no drop of water in the ocean, not even in the deepest parts of the abyss » ne peut échapper. Elle nous fait prendre conscience du lien qui unit la Terre au cosmos. Au-delà de la lune et du soleil, « there is a gravitational attraction between every drop of sea water and even the outermost star of the universe ». Quand même fascinant sachant que nous sommes constitués en grande partie d’eau (65%). Comment faire comme si de rien n’était? Comment se croire au centre de l’univers et ignorer le lien qui nous unit à celui-ci?

***

Déjà, en 1951, Carson parle de réchauffements climatiques éminents. Elle démontre avec l’éloquence qu’on lui connait la relation entre le climat et les courants marins :« For the globe as a whole, the ocean is the great regulator, the great stabilizer of temperatures ». Accolés au pied du mur, on s’intéresse de plus en plus aux différents enjeux et conséquences des réchauffements climatiques. On s’informe, on annonce perpétuellement la catastrophe, on montre son découragement, on sort ses grands principes, mais agissons-nous davantage? Agissons-nous mieux? Trouvons-nous des solutions dans notre quotidien alors que nous sommes enroulés dans notre petit confort? J’en doute fort…

Je crois évidemment en l’importance de s’informer, mais la connaissance, si elle n’est pas connectée ou si elle ne fait qu’éveiller la peur, ne change malheureusement pas en profondeur les mentalités. Rachel Carson a compris que la meilleure manière de préserver la nature, c’est de tomber en amour avec elle et que, pour tomber en amour avec quelque chose, il faut que cette chose occupe une grande place dans notre imaginaire. Voilà ce que ce livre fait: une grande place pour la mer dans nos imaginaires. Car il ne faut pas se méprendre, l’empathie, ce sentiment moteur de changement, est aussi une faculté imaginative…

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